vendredi 29 avril 2016

Un début d'année qui sourit à l'économie française


Comme en 2015, la croissance démarre l’année sur les chapeaux de roue. En effet, au premier trimestre 2015, le PIB en volume a augmenté de 0,5 %, après +0,3 % au quatrième trimestre 2015.
Une croissance toujours en pointe
Cette croissance a été tirée par les dépenses de consommation des ménages qui ont augmenté de 1,2 % contre un recul de 0,1 % au dernier trimestre 2015. L’effet attentat s’est estompé et les Français ont repris le chemin des magasins. Plusieurs secteurs ont été dynamiques comme l’automobile et l’électroménager (achat de télévision en raison du passage à la haute-définition, de l’Euro 2016 et des JO de Rio).

Investissement positif pour les entreprises mais toujours négatif pour les ménages

 Par ailleurs, l’investissement des entreprises progresse fortement profitant de la bonne orientation de la conjoncture française et des faibles taux d’intérêt. I augmente de 0,9 % après 0,7 % au dernier trimestre 2015. Ce résultat est important car il témoigne de la confiance restaurée des chefs d’entreprise en l’avenir. Il pourrait déboucher sur une fortification de la croissance dans les prochains mois.

L’investissement des ménages est toujours en baisse malgré quelques signes positifs sur le marché de la construction. Il a reculé de 0,2 % au premier trimestre 2016. Certes, la baisse est en régression par rapport aux trimestres précédents. Elle avait atteint 0,9 % au quatrième trimestre 2015.

Le commerce extérieur le maillon faible

Le commerce extérieur continue, en revanche, à être un point noir pour l’économie française. Les exportations se sont contractées de 0,2 % au premier trimestre quand les importations ont progressé de 0,5 %. Certes, il y a une nette décélération des importations qui avaient cru de 2,1 % au 4ème trimestre 2015. Néanmoins, le commerce extérieur a contribué négativement à la croissance de 0,2 point. La France souffre comme tous ses partenaires du ralentissement du commerce international et de la croissance des pays émergents.
Les variations de stock ont, par ailleurs, contribué négativement à hauteur de 0,2 point contre un apport positif de 0,5 point au 4ème trimestre 2015.

La croissance française qui repose fortement sur la consommation engrange toujours les effets de la baisse du pétrole qui a contribué à améliorer le pouvoir d’achat des ménages. Il est à noter que ces derniers ont au cours du dernier trimestre 2015 accru de manière significative leur effort d’épargne qui est passé de 15,4 à 15,9 % du revenu disponible brut. Le taux d’épargne financière a atteint un sommet à 7,1 %. Il est possible qu’au cours du premier trimestre 2016, les ménages aient utilisé une partie de cette épargne dont une partie non négligeable a été laissée sur les comptes courants pour réaliser des dépenses de consommation.

Compte tenu de l’acquis de croissance, 1 %, l’objectif de 1,5 % fixé par le Gouvernement n’apparaît pas inatteignable. Certes, il convient d’être prudent au regard de la situation économique de nos partenaires dont les économies sont plus ouvertes sur l’extérieur que la nôtre. La France résiste mieux que l’Allemagne, par exemple, quand le commerce international ralentit. Néanmoins, nous serons impactés si ce ralentissement se poursuit sur l’ensemble de l’année. Il est à noter que la Commission européenne et le FMI sont plus prudents que le Gouvernement en matière de prévision de croissance pour la France en ayant retenu respectivement 1,3 et 1,1 % comme taux de croissance.

mardi 26 avril 2016

résultats du chômage au mois de mars : l'emploi en mode yoyo

Le nombre de demandeurs a reculé de 60 000 en mars soit un recul de 1,7 %. Sur les trois premiers mois de l’année, le recul est de 1,4 %. Néanmoins, sur un an, le nombre de demandeurs d’emploi est toujours en hausse de 0,5 %. La France figure toujours parmi les mauvais élèves de l’Union européenne et de la zone euro. En un an, le taux de chômage a diminué de 0,8 point quand il est stable en France (selon les statistiques d’Eurostat qui diffèrent de celles de Pôle Emploi).

La France métropolitaine comptait à fin mars 3 531 000 demandeurs d’emploi. Au début du quinquennat de François Hollande, le nombre de demandeurs était de 2 922 800 (mai 2012). En quatre ans, le nombre de demandeurs d’emploi s’est accru de  20 %.
La bonne nouvelle du mois de mars provient du fait que le chômage baisse pour tous les âges, chez les jeunes de moins de 25 ans comme pour les plus de 50 ans et les 25-50 ans. Sur un an, en revanche, la situation des seniors s’est fortement dégradée : hausse de 6,5 % du chômage contre une baisse de 6,4 % chez les moins de 25 ans.
Le bon résultat du mois de mars résulte d’un nombre important de radiations. Les sorties pour défaut d’actualisation sont au plus haut sur ces dix dernières année (près de 230 000 sur trois mois).

La multiplication des radiations témoigne sans nul doute d’un meilleur contrôle de la part de Pôle Emploi ; par ailleurs, des demandeurs d’emploi peuvent négliger d’effectuer leur déclaration du fait qu’ils ont repris un emploi. Mais, un certain nombre renoncent également à effectuer ses démarches officielles par abandon ou du fait qu’ils sont arrivés en fin de droit. Il est à noter que si sur un mois la durée moyenne du chômage baisse de 8 jours (catégories A, B et C), elle est en augmentation de 20 jours sur un an en France métropolitaine.

Au-delà de l’effet radiation, la petite embellie de l’emploi au cours du premier trimestre 2016 est imputable à l’amélioration de la conjoncture. La consommation a connu deux bons premiers mois de l’année et le climat des affaires reste globalement bon voire en progrès pour le secteur du bâtiment et de la construction. Il convient néanmoins de souligner que la production industrielle a été en recul assez net en février (-0,9 %). Il n’en demeure pas moins que la croissance au premier trimestre devrait être au moins de 0,3 % ce qui permettrait de se rapprocher du 1,5 % de croissance sur l’année, taux de croissance frontière pour obtenir une décrue durable du chômage.

Plusieurs facteurs peuvent jouer en défaveur de la croissance. En effet, les facteurs porteurs en 2015, la baisse du pétrole, la dépréciation de l’euro et la diminution des taux d’intérêt joueront un rôle moindre cette année. Par ailleurs, la situation des pays émergents pourrait peser plus fortement que prévu sur la croissance des pays avancés et en particulier de la France même si notre pays est moins dépendant de l’extérieur que ses principaux partenaires européens. C’est une raison pourquoi la France réussit mieux en période de faible croissance que l’Allemagne.

L’année 2016 sera marquée par le référendum du 23 juin prochain au Royaume-Uni qui pourrait avoir un impact récessif sur l’ensemble de l’Union en cas de victoire du Brexit. Par ailleurs, l’évolution de l’économie américaine reste difficile à apprécier. Certains considèrent qu’elle a atteint un maximum et qu’elle débute sa descente quand d’autres espèrent la poursuite du cycle de croissance.

mardi 19 avril 2016

lundi 18 avril 2016

Mais où sont passés les contribuables aisés ?

Philippe Crevel a été interviewé par Atlantico au sujet de la chute du nombre des contribuables aisés. Pourquoi les explications avancées par Bercy pour tenter de masquer le coût du choc fiscal ne tiennent pas la route ? La fiscalité très importante place les revenus les plus riches dans une situation particulièrement inconfortable en France. Si l'on veut éviter de voir se poursuivre la fuite des gros revenus, qui rapportent déjà beaucoup à la France, il serait temps de penser sérieusement à une réforme fiscale.

dimanche 10 avril 2016

Les taux bas sont-ils une bonne nouvelle pour l'immobilier

Les taux d'intérêt sont au plus bas. Les ménages peuvent s'endetter à 10 ans à moins de 2 % pour acquérir un bien immobilier. Est-ce que tout le monde en profite ? Cela va-t-il durer ?

Réponses dans l'interview