vendredi 28 décembre 2012

Interview sur Atlantico.fr

Après la publication des résultats de l'assurance-vie et du Livret A, Philippe Crevel a été interviewé par Atlantico sur les conséquences de la relative décollecte de l'assurance-vie. 

 Atlantico : Alors que le livret A a recueilli presque 44 milliards d'euros de collecte en onze mois, l'Assurance-vie a perdu 3,6 milliards d'euros de collecte. Les hausses successives du plafond du livret A opérées par le gouvernement - une première hausse de 25% en octobre, puis de nouveau 25% à partir du 1er janvier - sont-elles responsables de cette perte de vitesse de l'assurance-vie ?

Retour sur 2012


Les titres sont empruntés au répertoire des Rolling Stones  en hommage à leurs 50 ans de carrière

Satisfaction ou I can’t get no satisfaction

La zone euro aura passé le cap de l’année 2012 malgré les sombres pronostics de certains, malgré la récession et malgré le feuilleton sans fin de la Grèce. L’accord de l’Allemagne sur le traité budgétaire ainsi que le revirement de position de François Hollande ainsi que la possibilité pour la Banque Centrale européenne d’intervenir sur le marché secondaire expliquent la détente sur les taux d’intérêt des pays exposés. La décision du 13 décembre 2013 aménageant la dette grecque a constitué le dernier épisode d’une année mouvementée sur le front des dettes souveraines. Logiquement, jusqu'en 2014, la question grecque devrait moins préoccuper l’Europe sous réserve que la situation économique s’améliore ce qui n’est pas une garantie. Les avancées sur l’union bancaire ont conclu l’année 2012.Il reste du chemin à parcourir pour parvenir à une Europe fédérale dotée d’un budget permettant de faire face à des chocs asymétriques. Il n’en demeure pas que fidèle à sa tradition l’Europe a, dans la difficulté, réalisé quelques progrès.

Gimme Shelter

L’économie mondiale a, en 2012, s’est caractérisée par une divergence des grandes zones géographiques. La zone euro s’est enfoncée dans la récession ; les Etats-Unis ont réussi à maintenir une croissance de 2 %, l’Asie a ralenti tout en conservant des taux élevés autour de 8 % pour la Chine. La bonne surprise provient de l’Afrique qui confirme son décollage avec des taux de croissance dignes de pays émergents. L’Amérique latine a connu une évolution plus complexe avec une crise qui se développe en Argentine et une conjoncture qui reste porteuse au Brésil.

Doom and gloom

La zone euro a payé élevé le prix de sa non-intégration. L’Europe n’est plus divisée est/ouest mais nord/sud. Les pays en crise se situent au sud à l’exception de l’Irlande et les pays à faible taux de chômage et à déficits publics maîtrisés sont au nord. L’Italie, l’Espagne, le Portugal et l’Italie ont rejoint la Grèce dans la récession. Il est également à signaler que Chypre est confrontée à un risque de banqueroute. L’application des plans d’assainissement qui visent à réduire les déficits publics et les déséquilibres commerciaux entraîne un fort ralentissement des économies concernées avec en plus de forte interférences. Le chômage atteint des sommets en Espagne, en Grèce, en France et en Italie. La France devrait terminer l’année avec plus de 300 000 demandeurs d’emplois de plus qu’en 2011. En prenant tout ceux qui recherchent un emploi, la France compte 4,6 millions de demandeurs d’emploi (catégories A, B,C) ; avec les DOM, le nombre est de 4,9 millions.  500 000 jeunes de moins de 25 ans sont à la recherche d’un emploi.

Highwire

2012 en matière de placements, en France, a été marquée par une hausse sensible des prélèvements sur les revenus de l’épargne et le patrimoine avec la fin du prélèvement libératoire, la hausse des prélèvements sociaux, le plafonnement de certaines niches fiscales, le retour à l’ancien barème de l’ISF… 2012 a connu la fin du boom de l’immobilier et la reprise des actions avec une hausse sensible du CAC 40. Côté épargne, le Livret A et le LDD ont fait le plein au niveau de la collecte en surfant sur la crise et l’effet d’aubaine créé par le relèvement des plafonds. L’assurance-vie tout en maintenant un bon niveau de collecte a connu des prestations toujours élevées preuve de l’entrée en maturité du produit. Il est à signaler que malgré la décollecte négative, l’encours de l’assurance-vie a continué à progresser. Les rendements de l’assurance-vie pour 2012 tourne autour des 3 % en phase avec les faibles taux d’intérêt pratiqués sur les emprunts publics des pays à bonne signature. Les Français malgré les retournement du marché actions sont restés frileux sur cette classe d’actifs échaudés par leurs précédentes mésaventures. La part des unités de compte dans les contrats d’assurance-vie a continué à baisser tout comme les OPCVM actions. Le nombre d’actionnaires directs a atteint, en France, un plancher bas autour de 4 millions.

Hand and fate

Au niveau politique, les élections n’ont pas été favorables aux sortants à l’exception de Barack Obama mais qui est, par ailleurs, en cohabitation avec une Chambre des Représentants républicaine. En 2013, des élections majeures sont prévues en Italie et en Allemagne. La situation italienne sera regardée de près compte tenu de la situation financière de l’Etat et du retour peu appréciée par les investisseurs de Berlusconi. En Allemagne, Angela Merkel semble bénéficier d’une avance suffisante dans les sondages mais des surprises ne sont pas impossibles. En France, 2013 sera une année sans élection, phénomène assez rare pour le noter et qui devrait permettre l’engagement de plusieurs réformes. Néanmoins, 2014 se préparera dès l’année prochaine avec en perspective les importantes élections municipales. One more shot

La question du financement de la protection sociale demeure un marronnier des débats publics. Le Conseil d’Orientation des Retraites a tiré la sonnette d’alarme pour les retraites avec un déficit qui pourrait dépasser 20 milliards d’euros d’ici 2020. Il y aussi le déficit de l’assurance-maladie et le financement de la dépendance qui ont été laissé en suspens du fait des élections. En 2013, l’heure des choix sonnera.

Hot stuff

Quelques points positifs pour conclure, la décrue des prix de l'énergie devrait favoriser la reprise tout en étant le talon d'Achille de l'économie européenne. La sortie de la crise de la zone euro devrait favoriser une appréciation des cours des entreprises surtout celles les plus internationalisées. En revanche, attention aux entreprises qui dépendent trop du marché européen ou de la consommation française. Si la facture fiscale risque de s'accroître au premier semestre, une stabilisation est attendue au second avec en perspective les élections municipales.

Décollecte de l'assurance-vie : quelles conséquences pour l'économie ?



Après la publication des résultats de l'assurance-vie et du Livret A, Philippe Crevel a été interviewé par Atlantico sur les conséquences de la relative décollecte de l'assurance-vie.

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vendredi 21 décembre 2012

2013, année économique maudite ?



Dans sa note de conjoncture de décembre 2012,  l'INSEE souligne que si la France ne tombera pas en récession l'année prochaine, la croissance devrait être proche de zéro ne permettant pas d'endiguer l'augmentation du chômage.

Les économies avancées

L'INSEE souligne qu'au troisième trimestre 2012 l'activité a progressé de 0,2 % dans les économies avancées contre 0,1 %  le trimestre précédent.  De fortes divergences apparaissent au sein de cette catégorie de pays avec une croissance en augmentation aux Etats-Unis et au Royaume-Uni et une contraction marquée en zone euro. Le Japon enregistre de son côté un rapide ralentissement.  Le commerce mondial s'est contracté de 0,2 % au troisième trimestre avec à la clef un ralentissement des pays émergents asiatiques.

Pour le quatrième trimestre, l'activité continuerait à se replier au Japon de 0,2 % et de 0,3 % en zone euro. Aux Etats-Unis, malgré un ralentissement, la croissance serait de 0,3 % au dernier trimestre 2012 contre 0,7 % au troisième.  Au sein des pays avancés, la croissance serait nulle tout comme le commerce mondial.

Pour 2013, l'incertitude américaine est forte avec le débat budgétaire. A défaut d'accord,  les hausses d'impôt et les baisses de dépenses seraient de 4,7 % du PIB.  Pour les ménages américains, la perte de revenus pourrait être de 4,6 %.  Néanmoins, il y a un espoir pour une limitation du choc à un point de PIB. En outre, l'économie américaine a une forte capacité d’adaptation au choc fiscal et budgétaire permettant d'espérer que la croissance ne serait pas trop impactée. L"INSEE table sur une croissance au premier semestre de 0,4 % et de 0,5 % au second semestre.  Le Japon devrait pouvoir obtenir de son côté un taux de croissance de 0,3 % par trimestre. Le Royaume-Uni devrait enregistrer une faible croissance sur toute l'année 2013.

la zone euro

L'INSEE considère que le plan de la BCE de rachat d'obligations souveraines a permis d'éloigner le spectre d'une crise profonde de la zone euro.  Les taux d'intérêts italiens et  espagnols sont en baisse depuis l'été 2012. L'impact des consolidations budgétaires serait moindre sur l'activité en Italie, identique en Espagne mais plus fort en France. Après une contraction de 0,3 % au quatrième trimestre, la croissance de la zone euro serait nulle au premier trimestre 2013 et de 0,1 % au deuxième.  Les divergences de croissance seraient marquées au sein de la zone euro durant l'année 2013.

la France

L'INSEE souligne que l'activité s'est redressée, en France, au troisième trimestre avec une croissance de 0,2 % contre -0,1 % au deuxième. Cette amélioration est à mettre au crédit de la production manufacturière qui a enregistré une hausse de 1 % au troisième trimestre après un recul de 1 % au second. La demande extérieure à la France est restée soutenue avec une hausse de 0,5 % et la consommation a été vive avec un rebond de 0,3 % après un recul de 0,2 %. Pour le quatrième trimestre, l'activité devrait se contracter de 0,2 % du fait d'un repli de l'industrie manufacturière de 1,5 %, le climat des affaires s'est fortement dégradé dans l'industrie.  Le maintien de la demande interne et externe éviterait une forte contraction de l'activité.

  Pour 2013, l'INSEE  prévoit une croissance de 0,1 % par trimestre pour les deux premiers permettant d'éviter une récession.

Compte tenu du faible taux de croissance, l'emploi a enregistré une contraction de 42 000 postes au troisième trimestre. D'ici la mi 2013, ce rythme de destruction va se maintenir (40 000 destructions nettes attendues par trimestre).  Le taux de chômage devrait atteindre 10,5 % fin 2012 pour augmenter à 10,9 %  à la mi 2013.

Le pouvoir d'achat en raison des mesures fiscales et du chômage baisserait de 0,3 % au second semestre 2012 . Sur l'ensemble de l'année 2012, il serait amputé de 0,2 % . Pour le premier semestre 2013, une hausse de 0,3 % est attendue.

L'INSEE prévoit début 2013 a une légère augmentation du taux d'épargne à 16,1 % du revenu disponible brut à mi 2013  néanmoins légèrement en dessous de son niveau de mi 2012  (16,4 %).

Pour l'année 2013, l'INSEE mentionne que les aléas de conjoncture sont forts avec en autre un doute sur la croissance américaine.  L'activité pourrait ainsi évoluer dans une fourchette de -0,6 à + 0,6 % par trimestre en fonction des scénarii économiques.

lire la note d'ensemble

jeudi 20 décembre 2012

A quoi va bien pouvoir ressembler la réforme socialiste des retraites ? | Atlantico


A quoi va bien pouvoir ressembler la réforme socialiste des retraites ? une interview de Philippe Crevel sur le site Atlantico;fr

Le déficit des régimes de retraite atteindra 18,8 milliards d'euros en 2017, selon le Conseil d'orientation des retraites dans son rapport publié mercredi. Le ministre de l'Economie, Pierre Moscovici, prévoit de revoir les régimes de retraite pour les ramener à l'équilibre financier


 A quoi va bien pouvoir ressembler la réforme socialiste des retraites ? | Atlantico

mercredi 19 décembre 2012

Florange ou le rétroviseur économique


Faut-il sauver Florange ? cette affaire ressemble terriblement au film « il faut sauver le soldat Ryan » de Steven Spielberg. En effet, il ne s’agit pas de sauver un combattant méritant mais simplement de sauver un homme dont tous les autres frères ont été tués. Avec les hauts fourneaux de Florange, nous ne sommes pas dans le discours politique mais dans le symbole.

Derrière Florange, il y a évidemment des salariés qui veulent conserver leur emploi ce qui est évidemment légitime. Mais l’énergie déployée pour sauver un peu de 300 emplois ne cache-t-elle pas une forêt bien plus dense. Ainsi, la disparition des magasins Surcouf spécialisés dans la vente d’ordinateurs a entraîné la suppression d’environ 600 emplois. Chaque semaine des PME ferment, les pertes d’emplois sont bien supérieurs aux 300 de Florange tout en occupant pas la une des médias.

Le combat de Florange ressemble à celui des charbonnages et de la sidérurgie dans les années 80. A l’époque, les pouvoirs publics avaient consacrés des dizaines et des dizaines de milliards de francs pour in fine renoncer. Derrière Florange, il y a tout le refus de la France d’accepter les mutations économiques. Il y a l’idée que nos problèmes d’emplois sont liés à la mondialisation, à des chefs d’entreprise peu scrupuleux, à un capitalisme apatride et vil.

Florange, il faut y aller. L’usine est vieillissante. Elle n’a pas été la priorité de Mittal comme avant d’Arcelor qui avait programmé sa fermeture il y a près de dix ans. Quand l’Europe consomme de moins en moins d’acier, quand les marchés se situent à l’exportation, est-il raisonnable de maintenir de petites centres de productions loin des grands axes de communication. Il faut importer le minerai et l’énergie nécessaire à la production. Le coût du transport et celui de l’énergie d’autant plus que nous payons très cher notre gaz par refus du gaz de schiste grèvent les marges. Il faut, en outre, après, réacheminer sur des voies ferrés hors d’âge la production d’acier. L’efficience de la SNCF en matière de fret est légendaire. Si un combat est à mener à Florange, c’est celui de la reconversion pour assurer des emplois aux actuels sidérurgistes mais aussi à leurs enfants. Le sauvetage partiel négocié par les pouvoirs publics est une cautère sur une jambe de bois. Il permet de gagner un peu de temps. Nul n’ignore que demain Florange sera fermé ; les hauts-fourneaux n’ayant pas vocation à redémarrer faute de demande et du fait des surcoûts. Il est dommageable que l’argent affecté au sauvetage partiel ne soit pas mis à disposition pour la création de structures viables à moyen et long terme.

Nationaliser Florange en attendant une solution constitue une hérésie. Personne ne s’est posée la question de la commercialisation des produits de cette aciérie une fois nationalisée. Qui achèterait l’acier de Florange ? Qui s’occuperait de la distribution ? L’Etat avec ses deux hauts fourneaux aurait la charge de proposer à l’automobile française déjà en mauvaise santé d’acheter quelques tonnes ? Quel repreneur souhaiterait acquérir un morceau d’usine à moins d’obtenir quelques subventions à la clef ? Et puis en vertu de la règle du précédent, l’Etat serait amené à racheter toutes les usines, tous les établissements qui ferment, des raffineries en passant par les magasins Surcouf.

Le Ministre du redressement productif affirme que la nationalisation est une idée neuve. Bien au contraire, il s’agit d’une vieille lune qui n’a jamais réussi dans le passé. De la sidérurgie, déjà en passant par le Crédit Lyonnais et bien d’autres, les désastres économiques que le contribuable a du payer sont légions. La France regarde constamment dans le rétroviseur et est incapable de regarder la ligne d’horizon. S’il y a un combat à mener, c’est bien celui là, passer d’une vision rétrograde à une vision d’avenir.

lundi 17 décembre 2012

Retraite, une saison en enfer


La réforme des retraites pour 2010 reposait sur des hypothèses économiques qui sont devenues caduques avec le ralentissement marqué de l’économique qui se caractériser par une faible progression de la masse salariale, de faibles gains de productivité et donc par des ressources en stagnation pour les régimes de retraite.

La réforme de 2010 supposait un retour à l’équilibre des régimes de base pour 2017. La mesure clef était le report de l’âge légal de 60 à 62 ans et de la retraite à taux plein de 65 à 67 ans.

Selon les premières informations fournies par le Conseil d'Orientation des Retraites, d'ici 2020, le déficit des régimes de base évolueraient entre 20 et 25 milliards d'euros. En cas de maintien du taux de chômage au-dessus de 7 %, le déficit pourrait même atteindre 105 milliards d'euros d'ici 2060.

Pour revenir à l'équilibre d'ici 2020, le COR propose plusieurs pistes. Il faudrait soit relever les cotisations de 1,1 point ou baisser le rapport entre la pension moyenne et le salaire moyen de 5 % ou reculer l'âge effectif de départ à la retraite de 6 mois.

Cotisations, la voie difficile Compte tenu du niveau des prélèvements en France, les marges de manœuvre sont nuls ou presque. En outre, il convient de souligner que l’assurance-maladie et la dépendance sont également sujettes à réclamer une augmentation de CSG ou de prélèvements.

L’âge de départ à la retraite, le Gouvernement n’est pas chaud

Il faudrait que l'âge effectif soit de 63,5 ans pour les actifs du privé et de 59,2 ans pour la fonction publique. Ce relèvement peut passer soit par la durée de cotisation ou par l'âge légal. Ainsi, la durée de cotisation qui évolue de puis 2003 en fonction de l’espérance de vie à la retraite pourrait passer pour les futures générations à 42 voire 43 ans. Cette mesure pénalise moins les actifs ayant commencé à travailler tôt que le report de l’âge légal de départ à la retraite.

Pour reculer l’âge effectif de départ à la retraite, l’autre moyen est de jouer sur l’âge légal et l’âge de la retraite à taux plein. Nos partenaires ont tendance à fixer l’âge légal autour de 65 ans (Italie, Espagne) et ont adopté des lois afin de reculer l’âge de la retraite à taux plein au-delà de cet âge. Le report à 68 ans est programmé au Royaume-Uni. L’objectif est de pénaliser les départs précoces en prévoyant l’obtention de la retraite à taux plein au-delà d’un certain âge.

La baisse des pensions, une mesure impopulaire

Plusieurs méthodes sont possibles pour diminuer le taux de remplacement des pensions. Les pouvoirs publics peuvent désindexer les droits à retraite et les pensions de l’inflation ce qui rapporterait plusieurs milliards d’euros. Une autre solution consisterait à prendre en compte non plus les quinze meilleures années mais l’ensemble de la carrière ce qui limiterait les droits à pension. Une telle réforme poserait un problème d’équité avec la fonction publique dont les pensions sont calculées sur la base des 6 derniers mois. Une autre manière de réduire les pensions serait d’instituer des abattements en fonction de l’âge de départ sous forme de décote pour pénaliser les actifs partant avant un certain âge. D'ici 2040, l'équation est encore plus dure, il faudrait relever les cotisations de 5 à 6,2 points ou baisser à nouveau le rapport entre pension moyenne et revenu moyen de 20 % ou relever de 4 années en 2040 et 5 années en 2060 l'âge effectif de départ à la retraite.

L’idée de la réforme systémique, séduisante mais un chantier de haut vol

Compte tenu des blocages inhérents à toute réforme des retraites en France, l’option de la réforme systémique peut être une solution d’autant plus que le Gouvernement semble s’interdire de jouer sur l’âge légal.

La réforme systémique ne résout en rien le problème de financement mais permettrait de rebattre les cartes et surtout d’harmoniser tous les régimes en y intégrant la fonction publique.

La réforme systémique pourrait s’inspirer du modèle suédois qui repose sur un régime par points en comptes notionnels.

Un compte individuel de retraite virtuel est attribué à chaque actif sur lequel sont versées de manière fictive ses cotisations retraite. Ces cotisations peuvent être transformées en points comme dans nos régimes complémentaires.

Durant la période d’activité, les cotisations ou les points accumulés sont actualisés (taux de rendement) en fonction de l’indice des prix, de la masse salariale ou en fonction d’un autre indice.

Au moment de la liquidation de sa retraite, les cotisations ou les points sont transformés en rente en prenant en compte l’espérance de vie de la cohorte concernée (coefficient de conversion).

Un tel dispositif permet de lisser plus finement les effets du vieillissement que notre système actuel. Il autorise une plus grande liberté par rapport à l’âge légal. Ceux qui souhaitent partir tôt le peuvent mais leur retraite est moindre que ceux qui partent plus tard (ce qui est déjà un peu le cas dans notre système actuel).

Ce système est surtout beaucoup plus simple car il repose sur la fusion de tous les régimes de base et complémentaires. Notre système actuel comprend de multiples dispositifs complexes de compensation entre les caisses.

Le régime en comptes notionnels permettrait l’alignement du régime de la fonction publique et des régimes spéciaux

Une telle mutation pose des problèmes de transition et génère des coûts de migration. Il faudrait des mesures d’ajustements pour en atténuer l’impact.

Par ailleurs, pour garantir un réel équilibre du régime de retraite, il faudrait fixer un montant maximum de la richesse nationale alloué aux retraites ce qui pourrait conduire comme en Suède à des baisses automatiques de pension en cas de recul du PIB.

vendredi 7 décembre 2012

La semaine économique et financière


La semaine passée a été marquée par la détente des taux sur le marché de la dette publique en zone euro. La France a ainsi pu emprunter à un taux inférieur à 2 % et l'Espagne a réussi à boucler son programme d'émissions.  Il faut néanmoins souligner que le financement des dettes publiques est de plus en plus national.

La Banque centrale européenne a décidé de ne pas changer ses taux d'intervention. Elle a revu à la baisse ses prévisions de croissance, la récession pour 2013 en zone euro étant très probable. La croissance du PIB de la zone euro serait comprise dans une fourchette de – 0,6 % à – 0,4 % en 2012, de – 0,9 % à + 0,3 % en 2013 et de + 0,2 % à + 2,2 % en 2014. Les prêts immobiliers aux particuliers restent à des niveaux historiquement bas, autour de 3,3 à 3,5 %.

En revanche, les Européens avancent à pas comptés sur l'Union bancaire du fait de divergences  vis-à-vis du rôle de la BCE dans la supervision.

En France, le CAC 40 a retrouvé son niveau de l'été 2011 avant la  tourmente des dettes publiques en franchissant le seuil de 3600 points. La poursuite de la valorisation des actions françaises dépendra de la capacité de l'Europe de sortir du trou noir des dettes souveraines. Les dernières décisions de la BCE et des Chefs d'Etat ont modifié depuis la rentrée la donne. La marge d'appréciation de la bourse de Paris car elle est loin d'avoir  retrouvé son niveau d'avant crise à la différence de New York ou de Francfort qui a dépassé son niveau de 20008.

Au Royaume-Uni, le Chancelier de l'Echiquier a présenté le plan quinquennal budgétaire avec un report de deux ans de l'objectif de réduction du ratio de dette publique par rapport au PIB. En 2015, la dette publique atteindra un sommet à 97,4 % du PIB. le déficit public devrait atteindre 6,2 % du PIB en 2013 contre 5,2 % cette année. Il serait ramené à 1,8 % en 2017.

Aux Etats-Unis, le taux de chômage s'est abaissé à 7,7 % soit le meilleur résultat de ces quatre dernières années. 146 000 emplois ont été créés au mois de novembre malgré l'ouragan Sandy. C'est une demi bonne surprise. Ce bon résultat doit être néanmoins corrigé par d'autres données.  Le taux de participation à la population active s’est contracté à 63,6 %, contre 63,8 % en octobre, signe que de nombreux Américains ont renoncé à chercher un emploi le mois dernier.  Le nombre d’heures hebdomadaires travaillées est resté stable à 34,4, tandis que le salaire horaire a légèrement crû de 0,2 %.  Par ailleurs, la croissance américaine reste suspendue aux discussions budgétaires et fiscales entre démocrates et Républicains. Du fait des divergences de vue, elles  risquent d'être longues et difficiles.

En Allemagne, l'économie commence à souffrir de la récession de la zone euro qui a été confirmée par Eurostat. La production industrielle allemande est en repli au mois d'octobre  tout comme l'investissement ce qui devrait entraîner un tassement de la croissance au quatrième trimestre.

A suivre la semaine prochaine, le PIB du troisième trimestre au Japon, la production industrielle du mois d'octobre en France ainsi qu'au sein de la zone euro, les prix de la consommation en France et les ventes de détail aux Etats-Unis.

Au niveau des réunions, il faudra suivre le comité de politique monétaire de la FED et le sommet des chefs d'Etat européens du 13 décembre consacré à l'intégration européenne.

jeudi 6 décembre 2012

Les impôts comme réponse à la rigidité ?


Face à une crise économique, les agents économiques sont censés ajuster leur comportement à la nouvelle donne et rechercher un nouvel équilibre. Ces ajustements prennent la forme de correction sur les principales variables économiques. Ainsi, le prix du capital peut être amené à baisser afin d’améliorer sa rentabilité, il en est de même avec le coût du travail et le prix des biens et services. Or, en France, tel n’est pas le cas.

La rigidité à la baisse des prix concerne autant les biens et services que le capital et le travail. Ainsi, l’immobilier ne baisse pas ou très peu depuis le début de la crise de 2007. En fin d’année 2012, il est constaté une réduction forte des transactions, une augmentation du stock de logements invendus mais pas de baisse tangible des prix. Compte tenu de la stagnation voire de la diminution du pouvoir d’achat des ménages, il en résulte des difficultés accrues pour se loger. En outre, la part immobilisée dans la pierre est certainement trop importante et ne contribue pas à un financement optimal de l’économie. Chez nos partenaires, la crise s’est accompagnée d’ajustements importants au niveau de l’immobilier en particulier en Espagne ou aux Etats-Unis.

Cette rigidité à la baisse est également très nette en ce qui concerne les salaires. Il n’y a pas de corrélation entre chômage et coûts du travail, contrairement à ce qui est constaté aux Etats-Unis, en Espagne ou en Italie. De ce fait, les entreprises françaises ne peuvent pas améliorer leurs marges et investir pour élever leur niveau de gamme ou pour trouver de nouveaux marchés. Cette rigidité est accrue par le droit du travail protecteur pour les personnes ayant un emploi mais excluant ceux qui n’en sont pas dotés.

La faible variation des salaires a pour corollaire la rigidité des prix des biens et services. Faute d’avoir des marges d’ajustement sur les coûts, les entreprises ne sont pas incitées à revoir leur tarif même en période de crise. La faiblesse de la concurrence en matière de distribution et le poids des secteurs réglementés accentuent cette tendance à la rigidité.

Face à cette rigidité des facteurs de production souvent favorisée implicitement ou explicitement par les pouvoirs publics, la seule variable d’ajustement pour intervenir sur le cours de l’économie est de jouer sur les impôts. Ainsi, pour réduire le déficit commercial de la France, à défaut de restaurer la compétitivité, il est nécessaire de diminuer les importations et donc la capacité d’achat des ménages. L’augmentation des impôts, impôt sur le revenu ou TVA contribue à amputer le pouvoir d’achat et facilite ainsi le retour à l’équilibre de la balance commerciale.

Pour améliorer la compétitivité coût, les pouvoirs publics doivent effectuer des transferts de ressources en allégeant d’un côté le coût du travail (baisse de charges ou crédit d’impôt) et de l’autre augmenter les impôts sur les consommateurs.

Pour résoudre le surcoût de l’immobilier, les gouvernement n’ont comme solution que de mobiliser une partie de l’épargne des Français via le Livret A ou via des dispositifs fiscaux incitatifs comme le Scellier ou le Duflot. . Il en résulte la multiplication de programmes pas toujours rationnels et rentables.

La France souffre d’une insuffisance de concurrence que ce soit au niveau du financement qu’au niveau de la distribution des biens et des services mais aussi par l’existence d’un trop grand nombre de secteurs encore réglementés. L’économie reste très fortement administrée dans ses systèmes de régulation et dans son mode de fonctionnement. L’existence de très grands groupes internationalisés et la faiblesse des entreprises de taille intermédiaire concourent également à cette rigidité générale. Les ajustements sont, par nature, plus difficiles à mener dans des grands groupes qui ont, par ailleurs, entre leurs mains plus d’outils pour gérer des chocs conjoncturels.

mercredi 5 décembre 2012

la France emprunte pour rien ou presque



Après la dégradation de la note de la France par Moody's, l'Etat continue à emprunter à des taux très faibles. En effet, le taux des emprunts d'Etat français à 10 ans est passé sous la barre des 2% en ce mercredi 5 décembre 2012. avec un taux de 1,994% contre 2,033% mardi à la clôture. Le rendement de l'obligation à 10 ans allemande, le Bund, s'établissait à moins de 1,4% mercredi après-midi.

Selon les Echos, au 19 novembre, le taux moyen pondéré des emprunts d'Etat français sur 2012 était de seulement 1,87 %, un niveau jamais atteint.

Nous sommes loin des années 80 avec des taux à deux chiffres. ainsi le taux à 10 ans français était de de 17,4% en 1981. Certes, ce taux est à mettre en relation avec l'inflation qui naviguait alors autour de 10 % et plus. Depuis le sommet de 1981, avec la désinflation, les taux des obligations ont baissé avec quelques remontées en fonction des crises monétaires en 1990, 1994 et 1999.


  • Décembre 1982 : le taux passe sous la barre des 15%, à 14,83%.
  • -Février 1986 : l'OAT descend sous le seuil des 10%, à 9,68%. 
  • 12 février 1998 : le taux glisse sous les 5%, à 4,99%. 
  • 1er octobre 1998 : il passe sous la barre des 4%, à 3,95%. 
  • 20 mai 2010 : l'OAT franchit à la baisse le seuil des 3% 


 Ce faible taux est une bonne nouvelle pour l'Etat qui peut emprunter à faibles coûts. C'est également une incitation pernicieuse à s'endetter. Il faut noter que le service de la dette, le remboursement des intérêts de la dette est inférieure à celui des années 90. Ce faible taux est une bonne nouvelle pour les emprunteurs, ménages et entreprises à la condition que les banques acceptent de prêter.

C'est en revanche une mauvaise nouvelle pour les épargnants dont les revenus seront pénalisés. C'est aussi le signe manifeste de la crise économique dans laquelle nous évoluons.

Si l'Etat français malgré la perte de son triple A peut emprunter à un tel taux, c'est parce que le champ des possibles pour les investisseurs s'est réduit. le nombre de grands pays offrant un volume de dettes suffisant et solvables se contracte. Il reste l'Allemagne mais elle ne peut pas être l'unique réservoir des investisseurs. DE ce fait, la France est un second choix avec une prime de risque de 0,6 point.

samedi 1 décembre 2012

La lettre du Cercle des Epargnants : mois de décembre 2012



Au sommaire de la lettre N° 77 du mois de décembre 2012 du Cercle des Epargnants :

Lire la lettre N°77  

jeudi 29 novembre 2012

La solidarité en période de crise


Le site Atlantico.fr a mené une enquête sur les solidarités familiales en période d'augmentation du chômage. Le journaliste Olivier Harmant a interrogé Philippe Crevel sur le rôle que pouvait jouer l'épargne en la matière et si elle pouvait se substituer à la solidarité nationale.

Lire l'interview

vendredi 23 novembre 2012

Assuirance-vie le retour !!!!


Philippe Crevel, secrétaire général du Cercle des Epargnants a été interrogé par Danièle Guinot du Figaro au sujet de l'augmentation de la collecte de l’assurance-vie au mois d'octobre.  Cette collecte de 1,7 milliards d'euros est le plus importante depuis 2010. Elle intervient au moment où l'épargne défiscalisée a également battu des records.

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jeudi 22 novembre 2012

dimanche 18 novembre 2012

Comment épargner son argent ?


20 minutes.fr a publié un article les meilleurs placements financiers après la hausse des prélèvements obligatoires. Philippe Crevel, secrétaire général du Cercle des Epargnants a été interrogé sur ce sujet.

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vendredi 9 novembre 2012

La France en récession !!!


La récession, une affaire entendue et attendue

C’est malheureusement l’histoire d’une chronique maintes fois annoncée ; la France entre en récession. La Banque de France a annoncé, le 9 novembre, que le PIB devrait reculer de 0,1 % au 3ème et au 4ème trimestres. Depuis le début de l’année, la France était sur la corde raide avec une croissance nulle au 1er et au 2ème trimestres. La France qui jusqu'à maintenant flirtait avec la récession y entre de plain pieds.

Du fait du contexte européen et des plans de réduction des déficits mis en œuvre, la France ne pouvait guère espérer renouer avec la croissance en cette fin d’année.

Plusieurs de ces grands partenaires sont en récession déjà depuis plusieurs trimestres comme l’Espagne et l’Italie ce qui pèse sur les exportations. L’Italie devrait enregistre une diminution de son PIB de 2,3 % et l’Espagne de 1,4 %. Le Royaume-Uni, autre grand client de la France est en récession (-0,3 %). Même l’Allemagne commence à être impacté avec un taux de croissance qui ne devrait pas excéder 0,4 % cette année.

L’autre grand facteur de contraction du PIB est la dégradation du pouvoir d’achat des Français. Les mesures Fillon annoncées en 2010 aboutissaient à une augmentation des prélèvements d’une dizaine de milliards d’euros auxquels il faut ajouter les mesures prises cet été par le nouveau Gouvernement et par celles en cours d’adoption dans le cadre du PLF et du PLFSS 2013. Une trentaine de milliards d’euros seront ainsi ponctionnés.

L’augmentation rapide du chômage depuis le début de l’année, conséquence du ralentissement l’autoalimente.

Quelles conséquences ?

Le taux de croissance de 2012 avait été revu à la baisse à 0,3 % contre 1,2 % initialement revu dans un premier temps à 0,8 %. Il pourrait être encore plus faible avec à la clef moins de rentrées fiscales.

L'acquis de croissance pour 2013 sera nul voire négatif rendant très improbable l'atteinte de l'objectif de 0,8 % du Gouvernement. Le manque à gagner fiscal devrait tourner autour de 5 à 6 milliards d'euros.

Les incertitudes américaines

L’année 2013 dépendra de la politique économique et budgétaire américaine. Logiquement, un important plan de réduction du déficit fédéral doit s’appliquer avec une remise en cause de nombreux avantages fiscaux et la réduction des dépenses. Une loi a été votée en 2010 pour graver dans le marbre l'objectif de réduction du déficit de 1 200 milliards de dollars sur 10 ans, à partir de 2013. Le déficit budgétaire est de 1326 milliards de dollars. Une commission spéciale, réunissant démocrates et républicains, est chargée d’établir ce plan de réduction Pour 2013, il pourrait porter sur 300 milliards de dollars.

Le Congrès devra également dans les prochaines semaines réétudier le relèvement du plafond de dettes fixé à 16 394 milliards de dollars. La dette américaine est de 16 190 milliards de dollars à fin octobre soit 100 % du PIB.

La mise en œuvre du plan de réduction pourrait avoir raison de la croissance américaine qui devrait être de 2,2 % en 2012 même si cette croissance repose sur des bases relativement saines (compétitivité retrouvée par maîtrise salariale et réduction de la facture énergétique).

Les Etats-Unis étant avec l’Union européenne, le principal centre de consommation, l’économie mondiale aurait du mal à résister à leur entrée en récession. C’est pourquoi il y a un relatif consensus sur le fait que l’assainissement des comptes publics américains soit étalé.

Il n’en demeure pas moins que la zone euro ne pourra pas bénéficier de la croissance américaine pour compenser la faiblesse de son activité intérieure.

2013, les tensions sociales remplaceront-elles les tensions économiques ?

La Grèce pourrait sortir du trou noir dans lequel elle est plongée depuis plus de cinq ans. Le PIB pourrait renouer avec la croissance en 2014 avec 0,6 %. Depuis le début de la crise, le PIB pourrait être amputé de plus de 15 %. Le chômage continuera à concerner le quart de la population active et l’endettement public devrait se situer à 180 % du PIB. Les tensions avec l’Union européenne restent vives.

L’Espagne devrait rester en récession en 2013 avec toujours un fort chômage. En revanche, la compétitivité de son économie s’améliore avec une reprise des exportations. Même si l’Italie sera toujours en récession, il est attendu une amélioration en fin d’année prochaine.

Compte tenu du niveau sans précédent ou presque du chômage et des mesures de réduction des dépenses publiques, des tensions sociales pourraient s’accroître l’année prochaine.

L’Europe attendra les élections allemandes de l’automne 2013

Les élections allemandes marqueront l’année 2013. Il est évident qu’Angela Merkel pour ne pas hypothéquer ses chances de réélection devra maintenir un discours orthodoxe sur les finances publiques et sur les engagements de l’Allemagne à l’égard de ces partenaires.

mercredi 7 novembre 2012

Allons-nous commettre sur le gaz de schiste la même erreur que sur les OGM ? | Atlantico

Philippe Crevel a répondu aux questions de Atlantico au sujet de l'interdiction des recherches sur le gaz de schiste.

Allons-nous commettre sur le gaz de schiste la même erreur que sur les OGM ? | Atlantico

la victoire de Barack Obama, quelles conséquences pour l'Europe ?


Barack Obama a été réélu pour un second mandat avec une avance confortable au niveau des grands életeurs. Il devra néanmoins se satisfaire d'une Chambre des représentants républicaine et d'une très faible majorité démocrate au Sénat. Le plus dur reste à faire. le Président devra engager un processus d'assainissement des comptes publics en 2013. Or, la réduction des déficits risque de plonger l'économie américaine en récession tout comme l'économie mondiale. Le plafond de dette publique de 16 400 milliards de dollars devrait être relevé ce qui entraînera au sein du Congrès à d'importants marchandages. Actuellement, la dette publique représente environ 100 % du PIB. Si rien n'est fait, sa progression sera exponentielle dans les prochaines années. Le déficit public se situe autour de 1000 milliards de dollars soit 7,8 % du PIB en 2012 en réduction de 0,5 point par rapport à 2011. L'accord de réduction des dépenses doit entrer en vigueur en 2013. Les Républicains et Démocrates s'étaient, en effet, entendus que sur son report après l'élection présidentielle.

Les Etats-Unis peuvent-ils tout à la fois réduire le déficit de 3 points sans tomber en récession. Il y a certes une plus grande flexibilité des dépenses qu'en Europe. D'autre part, les dépenses ne représentent que 30 % du PIB contre 56 % en France. De ce fait, leur impact sur la conjoncture est moindre qu'en France. Néanmoins, nul ne pense aujourd'hui qu'une application stricte du plan de réduction des déficits sera effectuée.

Les Etats-Unis disposent d'atouts pour maintenir leur taux de croissance qui tourne autour de 2 %. La diminution du coût de l'énergie avec le développement du gaz de schiste ou des pétroles bitumineux. La maîtrise salariale et le maintien d'un fort niveau de recherche constituent également les autres points forts des Etats-Unis. Il faut remarquer que la balance commerciale se rééquilibre progressivement traduisant une amélioration de la compétitivité américaine.

Barack Obama n'est pas attaché à l'Europe à la différence de Mitt Romney. Le Président est à la recherche d'un équilibre économique et stratégique avec la Chine et avec les nouveaux pays émergents asiatiques. Par ailleurs, son équipe est très consciente de la nécessité de développer les relations économiques avec les Etats d'Afrique qui bénéficient de forts taux de croissance.

Malgré la cohabitation avec la Chambre des Représentants, la position de Barack Obama sort renforcée. Il a deux ans pour tenter de résoudre les problèmes économiques avant les élections de Midterm et avant la fin du second mandat qui est en règle générale peu propice à l'engagement de réformes.

lundi 5 novembre 2012

Rapport Gallois ; pour une réforme de l'assurance-vie et en faveur de l'épargne longue



Louis Gallois dans son rapport sur la compétitivité propose de réorienter 'épargne vers les entreprises. A cette fin, il demande l'allongement de la durée des contrats d'assurance-vie et une amélioration des incitations e faveur des unités de compte. Il souhaite également que les Plans d'Epargne en Actions soit plus ouvert aux PME. Il insiste à raison sur la faiblesse des fonds propres des entreprises. Il conviendra de suivre l'éventuelle application des propositions sur l'épargne.

Dans l'état des lieux, Louis Gallois mentionne que "les règles d’affectation de l’épargne dite « réglementée » (livret A et livret de développement durable, dit LDD) garantissent le fléchage d’un montant minimal d’épargne vers les entreprises. L’essentiel de cette épargne, particulièrement abondante en France, est cependant mobilisée vers le financement du logement social (part dite « centralisée » au fonds d’épargne de la Caisse des dépôts et consignations). Elle est, pour le moment,excédentaire.S’agissant plus précisément des actifs gérés par les sociétés d’assurance, en principe adaptés aux financements de long terme et représentant des montants considérables (1 680 milliards d’euros fin 201023), seule une fraction limitée finance les sociétés non financières françaises (110 milliards d’euros, soit un peu plus de 5 % et pratiquement rien ne va vers les PME et ETI non cotées. Les règles de Solvency II se sont, en outre, traduites par un retrait massif des compagnies d’assurance du marché des actions".

Dans la partie propositions, le rapport souligne que "le renforcement des fonds propres des entreprises est évidemment essentiel pour soutenir l’investissement dans une période de crédit plus rare. Il suppose que l’épargne soit orientée vers des placements longs et à risque, et les placements longs vers l’industrie. C’est le complément indispensable du « choc de compétitivité ». Nous proposons : que la « durée » des contrats d’assurance vie soit allongée par une adaptation de leur régime fiscal et que, par les mêmes moyens, les contrats en unités de compte (c'est-à-dire investis en actions), actuellement très minoritaires, ou les contrats « diversifiés » créés en 2005 soient avantagés par rapport aux contrats dits en euros (placements essentiellement obligataires).

le rapport précise que "les compagnies d’assurance soient conduites à investir une faible part de leurs actifs– de l’ordre de 2 % – dans des sociétés non cotées (elles y ont été incitées mais ne s’y sont pas tenues). La liquidité des placements devrait être assurée à une certaine échéance. Les placements s’effectueraient plutôt dans le cadre de fonds spécialisés. L’État devrait d’ailleurs inciter directement les collecteurs d’épargne proches de lui (la CNP, la Prefon,les Caisses des Retraites gérées par la Caisse des Dépôts (IRCANTEC…), le fonds de réserve des retraites, la CADES…) à être plus actifs dans ce domaine ; que les PEA soient, pour partie, réorientés vers les PME et les ETI (ils sont, pour une large part, investis dans les grandes valeurs de la cote), grâce à un avantage fiscal, pour déboucher sur un véritable PEA-PME, comme l’a annoncé le Président de la République le 20 septembre 2012 ; que le capital investissement pour les entreprises innovantes, notamment à travers les FCPI et les FIP, soit soutenu par la stabilité de son régime fiscal – a minima – ou plutôt,par l’augmentation des plafonds de versement des épargnants. Encourager parallèlement une durée plus longue de placement (10 ans) doit permettre de financer les « investissements patients » dont les PME ont besoin.Le développement de l’actionnariat dans les PME et les ETI doit plus généralement s’inscrire dans un cadre fiscal supportable pour un placement à risque et qui ne soit pas pénalisant par rapport à d’autres placements plus « confortables » comme l’immobilier, dont la fiscalité pourrait être relevée".

Lire l'ensemble du rapport

samedi 3 novembre 2012

Ce n'est pas à la mode mais vive la concurrence


La France souffre d’un manque cruel de concurrence et de goulets d’étranglement générant ainsi des rentes de situation et des surcoûts. La forte concentration du commerce de gros et la complexité des règles de distribution contribuent à l’augmentation des prix. Les Français ont profité moins que leurs homologues allemands ou anglais des importations en provenance des pays à bas coûts non pas parce que nous importons moins de ces produits mais parce que l’avantage tarifaire arrive rongé aux consommateurs. L’énergie est un autre secteur pour lequel nous payons un surcoût. Au-delà du refus de l’exploitation des gaz de schiste qui aux Etats-Unis a permis une baisse des prix de 20 %, nous souffrons de problèmes de distribution. Ainsi, le pétrole arrivant à Rotterdam coûte, près de 20 dollars de plus, que celui qui arrive aux Etats-Unis. L’éclatement du marché européen, le nombre réduit des ports pétroliers compétitifs et le nombre réduit de société exploitant des réseaux expliquent cette situation. Pour les autres énergies, l’absence de concurrence est nette malgré les tentatives de l’Union européenne pour faciliter l’émergence de concurrents aux entreprises nationales. Sans partition des entreprises historiques comme EDF, en suivant la méthode prise par les Etats-Unis avec les compagnies de téléphone, il n’y a pas de salut.

Le marché unique n’a pas abouti à la création d’un vaste marché uniforme au sein de l’Union européenne du fait du poids des réglementations fiscales et sociales. A l’exception de l’entrée des compagnies low-cost, le ciel des Etats membres reste dominé par les grandes compagnies nationales. Pour les télécommunications, la concurrence s’est réalisée par les réseaux de téléphone mobile. Il n’en demeure pas moins que pour les grands Etats, sauf pour le Royaume-Uni, les leaders sont nationaux. Pour le transport ferroviaire, la libéralisation est plus sur le papier que dans les faits compte tenu du coût d’entrée sur le marché. La seule possibilité pour créer un réel climat de concurrence serait de diviser la SNCF en plusieurs lots. Avec la fusion de RFF et de la SNCF, le gouvernement fait plutôt machine arrière.

Le marché unique reste à construire pour de nombreux services. Ainsi, le marché unique de l’assurance est la juxtaposition de 27 marchés correspondant au 27 Etats membres de l’Union européenne. Un contrat d’assurance-vie français ne vaut que pour les Français.

Si la concurrence s’est accrue avec la mondialisation, elle concerne surtout le secteur industriel avec l’arrivée de producteurs des pays émergents.

Le poids et le rôle des administrations publiques contribuent au manque de concurrence en France. Les collectivités publiques en fixant les prix pour un nombre important de services empêchent l’entrée sur les marchés concernés d’entreprises privées. Les activités sportives ou culturelles sont aujourd’hui monopolisées par le secteur public. Le secteur du logement ou le financement des PME entrent de plus en plus dans la sphère publique.

La recherche d’une plus grande concurrence passe par une libéralisation de certains secteurs mais aussi par une refonte du mode d’intervention publique. L’Etat ne peut plus être producteur mais être avant tout régulateur. Il doit être un correcteur d’inégalités mais pas un destructeur de marchés. En lieu et place d’être un producteur de services, il doit facili

jeudi 1 novembre 2012

La lettre du mois de novembre du Cercle des Epargnants


La lettre N°76 du mois de novembre est publiée.

Au sommaire de la lettre du mois de novembre :

  • L'édito De Philippe Crevel, "quand l'épargnant se prend pour l'âne de Buridan"
  • L'assurance-vie souffre mais ne rompt pas
  • Retraite, comment éviter la Bérézina
  • 20 000 milliards de dollars
  • Le Madelin a sauvé sa peau fiscale


Lire la lettre N°76  

mardi 23 octobre 2012

Les Etats-Unis en proie à l'incertitude


L'élection présidentielle américaine se relève plus incertaine que prévu. Le maintien d'un fort taux de chômage, autour de 7,8 % et les menaces de ralentissement économique pénalisent Barack Obama qui est apparu durant ces dernières semaines déstabilisé. La partition du pays est assez marquée comme l'avait prouvé le duel Al Gore, Bush junior.

Si le nom du vainqueur n'est pas aisé à déterminer, l'Europe apparaît comme la grande perdante de cette élection. Aucun des deux candidats ne l'a mentionné durant e débat réservé à la politique internationale. Les Etats-Unis s’affranchissent du vieux continent qu'il considère en proie à des problèmes insolubles de gouvernance.

Il n'en demeure pas moins que la vieille Europe rattrape légèrement son retard en matière de résultats boursiers. Le S&P 500 a progressé de 14 % aux Etats-Unis contre 11 % à Paris et 24 % à Berlin. L'appréciation de l'euro et les bons résultats des compagnies européennes jouent en faveur de ce rééquilibrage. En outre, les entreprises européennes valent peu chères par rapport aux entreprises américaines dont la valeur a retrouvé celle d'avant la Grande récession. Il y a donc encore des marges d'appréciation pour les entreprises européennes d'autant plus que les Etats-Unis devront mettre en oeuvre un plan de réduction des déficits publics en 2013.

vendredi 19 octobre 2012

Interview sur l'épargne salariale


Philippe Crevel a été interviewé par la revue Décideurs au sujet de l'épargne salariale après l'augmentation du forfait social de 8 à 20 %. Lire l'interview

vendredi 5 octobre 2012

Conjoncture : avis de tempête pour 2013


La France devrait connaître cinq trimestres de croissance nulle. Sur l'année 2012, la croissance devrait être 0,2 % grâce à l'acquis de croissance de 2011. L'objectif de croissance de 0,8 % retenu par le Gouvernement sera difficile à atteindre compte tenu du contexte international et du plan d'augmentation des impôts qui devrait provoquer une contraction de 1 à 1,5 point de PIB. L'Europe serait en outre pénalisée par le ralentissement des Etats-Unis provoqué par la réduction du déficit qui est attendue.

Jamais depuis la seconde guerre mondiale, la France n'a connu une telle stagnation. L'absence de gains de productivité semble entraver la croissance durant de nombreuses années au-delà de l'impact des plans de rigueur. Le taux de chômage devrait progresser et se rapprocher des 10,5 %.

Le pouvoir d'achat des Français devrait se réduire dans les prochains mois du fait de la hausse des impôts et la faiblesse des augmentations salariales. Cette contraction du pouvoir d'achat devrait peser sur le déficit commercial. Il ne faut pas oublier qu'un des objectifs du plan du Gouvernement est de réduire le déficit commercial qui a été de 70 milliards d'euros en 2011. La France compte tenu du poids de sa dette, 91 % du PIB, se doit de pouvoir rééquilibrer ses comptes extérieurs afin de limiter sa dette extérieure.

Le Gouvernement table sur une baisse du taux d'épargne qui est de 16,4 % du revenu disponible brut pour maintenir le niveau de la consommation. Certes, le taux d'épargne des ménages français figure parmi les plus élevés d'Europe. Les espoirs du Gouvernement risquent d'être déçus car en période de crise les Français maintiennent leur épargne voire l'augmente. De même quand la pression fiscale progresse, le taux d'épargne s’accroît. Les Français mettent de l'argent de côté pour payer les impôts.

Pour 2013, il y a un vrai risque d'enclenchement d'un cercle vicieux récessif avec deux zones économiques dans le rouge, Etats-Unis et Europe. Un plan de soutien structurel axé sur l'offre serait nécessaire pour éviter un plongeon dans la récession.

mercredi 3 octobre 2012

Conjoncture : 2013 suspendue au plan d'assainissement américain


Avec l’engagement dans tous les pays de la zone euro de la ratification du traité budgétaire, une détente est à l’œuvre même si la multiplication des plans fiscaux risque de générer des tensions sociales fortes. Les Gouvernements du Sud de l’Europe ont décidé de réduire le niveau de consommation de leurs citoyens et ainsi peser sur les importations. En effet, au-delà de la réduction des déficits publics, l’objectif est bien de rééquilibrer la balance commerciale.

L’économie mondiale retient néanmoins son souffle dans l’attente des résultats de l’élection présidentielle américaine. L’important n’est pas de savoir si Obama sera réélu ou si Romney réussira à combler son retard mais de savoir si le Président réélu ou élu appliquera le programme de réduction des déficits publics. En effet, compte tenu des dispositions adoptées par le Congrès, il est prévu qu’à compter de l’année prochaine, le déficit public soit réduit de 4 à 5 points. Une telle réduction plongerait l’économie américaine en récession. La croissance passerait de 2,5 à -0,5 voire -1 point.

Le plongeon de la croissance américaine signifierait que les deux premières zones économiques, la zone euro et les Etats-Unis, seraient en récession ce qui entraînerait l’économie mondiale en récession. Il y a un réel risque d’un enclenchement d’un cercle vicieux récessif qui nous rapprocherait davantage de la situation qui a prévalu dans les années 30 même si les analogies sont toujours délicats à réaliser en la matière.

Aujourd’hui, les dirigeants des Etats et les économistes espèrent que les Etats-Unis n’appliqueront pas de manière rigide le plan de réduction des déficits surtout en cas de réélection de Barak Obama. Il est néanmoins fort probable que la Chambre des représentants reste républicaine. Il y aura de toute façon réduction des dépenses et donc un impact négatif sur l’activité. L’année 2013 risque donc d’être difficile sur le plan économique avec une croissance nulle voire négative pour la France.

L'immobilier, éternel valeur refuge


La raréfaction des crédits, la baisse du pouvoir d'achat, la crise économique rien n'y fait, les prix de l'immobilier font de la résistance sur Paris.

Les derniers chiffres des notaires le confirment. Si la baisse d'ailleurs modeste est réelle en province, elle n'est pas à l'ordre du jour sur Paris.

L'immobilier parisien est devenu une valeur refuge et un produit d'épargne. Avec les dernières mesures fiscales qui frappent l'épargne financière, il est à craindre que le mouvement de hausse se poursuive.
Les conséquences sont le départ des classes moyennes de Paris et la création d'une réelle bulle spéculative. Les investisseurs institutionnels français et étrangers sont de plus en plus présents. Cet engouement pour l'immobilier détourne l'épargne de l'économie réelle et donc du financement des entreprises. L'essor de l'immobilier concourt à la désertification économique au point que les pouvoirs publics sont obligés de mettre en place des circuits de financement publics. Il serait plus simple de favoriser l'épargne longue financière.

mardi 2 octobre 2012

Tourisme, une saison difficile en Corse



sans surprise, d'autant plus que cela se pressentait au regard des remontées de la part des hôteliers, la saison touristique a mal commencé. Est-ce la faute au temps, aux élections à répétition ou à la crise qui ampute le pouvoir d'achat ? La dernière raison est certainement la principale. Le nombre de nuitées passées dans les hôtels corses recule de 8 % au second trimestre par rapport à l'an dernier sur cette même période. L'INSEE souligne que cette baisse de fréquentation est due à la diminution simultanée des nuitées françaises et étrangères. Parmi les principales clientèles étrangères, la fréquentation italienne et celle des pays nordiques s'effondrent respectivement de 37,5 % et 29 %. Dans le même temps, les nuitées suisses progressent, en revanche,de 28 % tandis que la clientèle allemande reste relativement stable. La durée des séjours baisse. Elle est de 2,04 jours au second trimestre 2012 contre 2,14 jours pour la même période en 2011. L'Extrême-Sud enregistre le plus fort repli des nuitées avec - 14 %. Les bassins d'Ajaccio et de Bastia connaissent une diminution de 8 %. La Balagne ne baisse que de de 3 %. Au mois de juin, l'offre globale d'hébergement est restée quasiment stable par rapport à juin 2011.Les hôtels haut de gamme augmente de 34 % avec l'ouverture notamment du Radison Blu à Agosta. En revanche, une diminution du nombre de chambres offertes par les hôtels de 0 à 2 étoiles est constatée. Il faut prendre en compte le reclassement des hôtels avec les nouvelles normes. la baisse de fréquentation des hôtels est de 7 % avec un recul plus fort pour les trois étoiles. Compte tenu des premières indications, le mois de juillet s'est inscrit dans cette tendance. Le mois d'août fut plus porteur mais relativement avec toujours des séjours plus courts. Les premiers chiffres du mois de septembre semble indiquer une bonne tenue des séjours avec une clientèle retraités assez présente. Le coût du transport a certainement dissuadé des touristes. Les habitués des pays du Sud sont évidemment fragilisés par la crise qui frappe leur pays.

lundi 1 octobre 2012

La lettre du Cercle des Epargnants



Au sommaire de la lettre du Cercle des Epargnants du mois d'octobre 2012 :


  • L'édito du mois d'octobre par Philippe Crevel Epargne et impôts, 
  • un couple maudit 
  • L'assurance-vie n'a pas dit son dernier mot
  • Les retraités français broient du noir 
  • Et si la réforme s'appelait Trustee 
  • Pas de répit pour la retraite en 2013

mardi 25 septembre 2012

Donnons une âme à l'euro


L’Allemagne et la France n’ont pas la même vision de l’Europe fédérale. La France souhaite avancer à marche forcée vers l’Europe économique intégrée quand l’Allemagne privilégie l’Europe politique. Ainsi, les Français défendent l’union bancaire et les Eurobonds, les Allemands préférant la mise en place d’instances de supervision et de contrôle. La Chancelière, Angela Merkel, propose la mise en place d’un budget au niveau de la zone euro afin de venir en aide aux pays en difficulté quand la France réclame la mutualisation de la dette. Actuellement, L’Europe est un nain budgétaire. Il y a seulement un budget au niveau de l’Union européenne qui représente environ 1 % du PIB de l’Union et dont 40 % sont affectés à la politique agricole commune.

L’Allemagne en tant que première puissance économique et principal contributeur aux plans de sauvetage des pays en difficulté, n’entend pas perdre le contrôle de ses ressources. L’Allemagne est impliqué à plusieurs niveaux : l’Etat en tant qu’acteur public qui participe au financement du Fonds européen de stabilité financière et du Mécanisme européen de soutien financier ainsi que de la BCE ; les investisseurs qui prêtent à partir des abondante réserves de changes liées aux surplus commerciaux aux pays endettés. La zone euro, depuis dix ans, repose sur le recyclage des capitaux allemands. L’Allemagne ne veut pas être le dindon de la farce et craint un effacement des dettes. C’est pourquoi elle met en avant l’assainissement et le rééquilibrage des balances commerciales.

La France veut gagner du temps pour assainir ses comptes et réduire le poids de sa dette. Fidèle à leur tradition keynésienne, les autorités publiques considèrent que le retour d’une croissance même artificielle réalimentera les caisses et permettra de réaliser sur plusieurs années les réformes de structure. Par ailleurs, la France craint les transferts de souveraineté au profit d’une Europe de plus en plus gouvernée par le Nord et donc par l’Allemagne.

Si la France est souvent à l’origine des avancées fédérales, elle est également fréquemment responsable de leur enlisement ou de leur abandon. Il en fut ainsi avec a Communauté européenne de défense en 1954 et plus récemment en 2005 avec le Traité constitutionnel.

La zone euro en tant que sous ensemble informel de l’Union européenne à 27 n’est pas tenable en période de gros temps. Il est admis que face à la BCE il faut un pouvoir politique. Une banque centrale n’a pas la compétence, ni les moyens de jouer les pompiers. Face à une crise asymétrique touchant une partie des Etats membres, la BCE ne peut pas mettre en œuvre des plans de restructuration des économies. S’il est convenu qu’il faut un plan d’investissement pour améliorer la compétitivité de la Grèce, de l’Espagne, du Portugal voire de l’Italie ou de la France.

L’Allemagne considère qu’elle n’a pas vocation à financer à perte les pays en difficulté. Dans un Etat fédéral comme les Etats-Unis, une telle situation est possible. Un des échecs de l’euro a été l’incapacité de générer une identification au sein des peuples. La décision d’imprimer des billets sans aucune référence concrète marque bien le refus implicite des autorités de créer des symboles d’attachement. En France, les billets avaient comme noms ceux des femmes et des hommes qui y étaient représentés, Delacroix, Berlioz, Pascal, Curie… Les pays de la zone euro devraient donner une âme et des émotions à leur monnaie faute de quoi l’adhésion restera très superficielle.

jeudi 13 septembre 2012

Le chantier de la fiscalité de l'épargne est ouvert


Les revenus de l’épargne seraient désormais soumis au barème de l’impôt sur le revenu. La possibilité d’opter pour le prélèvement libératoire devrait disparaître tout comme l’abattement forfaitaire de 1525 euros pour un célibataire et de 3050 euros pour un couple. L’abattement de 40 % applicable aux dividendes pourrait être également abaissé à 20 %. L’assurance-vie, le Plan d’épargne en actions et les livrets actuellement défiscalisés comme le Livret a échapperait à cette révolution fiscale. Cette réforme devrait permettre de récupérer 4,5 milliards d’euros. Elle frapperait essentiellement les contribuables se situant au-dessus de la tranche des 30 %. Le passage du prélèvement libératoire au barème de l’impôt sur le revenu impose la mise en place d’un dispositif complexe d’acompte. En effet, l’IR est prélevé avec un an de décalage quand le prélèvement libératoire donne lieu à un paiement en année N. Un acompte sera versé l’année de versement des revenus, la régularisation intervenant au moment l’année d’après dans le cadre de la déclaration annuelle des revenus. Cette mesure pénalisera l’épargne longue et en particulier les actions hors PEA. En l’état actuel, le maintien du régime de l’assurance-vie et donc du PEA font de ces deux produits les supports incontournables de l’épargne longue en France.

mardi 11 septembre 2012

Pour en finir avec la politique de la demande


Face au ralentissement économique, des économistes et des politiques enjoignent le Gouvernement français de relâcher du lest. Le mythe des plans de relance est tenace. Nous sommes drogués, depuis des décennies, au keynésianisme et même devant les preuves d’inefficacité du remède, nous continuons à l’exiger.

Si nous sommes confrontés à un mur de dettes, c’est bien en raison de l’accumulation de plans de soutien à la consommation pris depuis le premier choc pétrolier. Pour contrer la récession de 2009, tous les gouvernements ont décidé d’accroître de manière importante leur déficit public. Cette politique a calmé le malade sans le guérir. A force de trouver des bouc-émissaires, nous avons négligé d’étudier le vrai responsable de la crise qui nous mine depuis plusieurs années. Ce ne sont pas les banquiers et les traders qui sont à l’origine de la crise, ils ont pu en accélérer sa propagation mais certainement pas la provoquer. La crise trouve, en effet, son fondement dans la baisse de la croissance de la productivité des facteurs de production. Cette baisse est plus forte en Europe qu’aux Etats-Unis et plus prononcée en Europe du Sud qu’en Europe du Nord.

Pour contrer cet affaiblissement du progrès technique, nous avons eu recours à l’endettement et à l’importation des produits à bas coûts en provenance des pays émergents. Nous avons fait semblants d’ignorer que le moteur de la croissance était en panne.

L’endettement n’est pas en soi critiquable à la condition qu’il génère un gain supérieur à son coût. Or, nous avons emprunté essentiellement pour financer des dépenses de consommation et non des dépenses d’investissement.

Du fait de nos pertes de compétitivité liés à des coûts croissants et à un mauvais positionnement, la demande gonflée artificiellement a nourri un flux croissant d’importations. Notre balance commerciale qui était excédentaire au début du siècle est devenue déficitaire pour plus de 70 milliards d’euros en 2011. Tout accroissement de la demande ne favorise que l’emploi extérieur et contribue à affaiblir un peu plus la France par l’augmentation du déficit commercial qui doit être financé.

Aujourd’hui, nous vivons 15 % au-dessus de notre état de richesse réelle. Il faut soit hausser notre niveau de création de richesses soit abaisser notre niveau de consommation. Les politiques mises en œuvre au sein de l’Union européenne visent à procéder à cet ajustement en réduisant les coûts salariaux au sein des pays déficitaires et en minorant ainsi le pouvoir de consommation. Le relèvement des impôts a ainsi deux objectifs, réduire le déficit et freiner la consommation.

Cette politique d’assainissement est par nature violente et a pour conséquence une aggravation sensible du chômage. Ce n’est pas en demandant une pause que nous arriverons à nous sortir de la spirale du déclin qui nous guette. Tout relâchement ne risquerait que de rendre plus coûteux l’ajustement à réaliser.

En revanche, il faut s’interroger sur la politique d’accompagnement à mener pour renforcer l’offre productive. La bataille de sauvetage de l’Europe passe par le développement d’une économie compétitive positionnée sur le haut de gamme. Cela exige une reprise de l’investissement et surtout de l’innovation. Les entreprises devraient être fortement incitées à investir et à consacrer une part plus importante de leurs bénéfices à la recherche. Il faudrait, par ailleurs, que l’Europe soit moteur en la matière. Le message européen ne peut pas se résumer au mot de rigueur. Il doit comporter un volet plus positif, axé sur l’avenir. L’Europe devrait engager un plan de recherche sur les nouvelles technologies, sur l’énergie, sur le cancer ou les maladies liées à l’âge… L’Europe devrait également soutenir l’activité en ayant une politique dynamique en faveur des réseaux de communication et en faveur de l’éducation.

La politique d’assainissement ne saurait suffire mais le compagnon de route n’est pas à trouver du côté de la demande mais du côté de l’offre. Nous ne sommes pas confrontés à un manque de demande mais bien à un problème de capacités compétitives. L’avenir de la zone euro dépend de la faculté des uns et des autres à améliorer l’offre compétitive.

samedi 1 septembre 2012

La lettre du Cercle des Epargnants du mois de septembre


Au sommaire de la lettre N°74 du Cercle des Epargnants :

  • Le livret A plus cher que l'assurance-vie
  • Espérance de vie, de quoi sera fait demain ?
  • Le retour de la retraite
  • 50 ans d'épargne française


Lire la lettre  

samedi 25 août 2012

Philippe Crevel inité à "c'est arrivé cette semaine"


Philippe Crevel, secrétaire général du Cercle des Epargnants a été interrogé samedi 25 août par Pierre de Vilno dans le cadre de l'émission "C'est arrivé cette semaine" sur Europe 1 au sujet du relèvement du plafond du Livret A. Philippe Crevel est revenu sur les conséquences pour les épargnants, les banques, les assureurs et l'Etat.

Ecouter l'émission

vendredi 24 août 2012

Livret A : tout ça pour ça !


Le Gouvernement a décidé de porter le plafond du Livret A de 15 300 euros à 19 125 euros. Cette augmentation devrait intervenir après publication d’un décret au mois de septembre. Une nouvelle augmentation de 25 % est prévue avant la fin d’année 2012, le plafond sera alors porté à 22 950 euros.

Initialement, François Hollande, durant la campagne présidentielle, avait promis un doublement du plafond. Face aux risques de déstabilisation de l’épargne financière et compte tenu des besoins du logement social, le pragmatisme a prévalu en retenant deux hausses de 25 %. En revanche, pour le Livret de développement durable, le plafond passera de 6 000 à 12 000 euros au mois de septembre. Le LDD sera affecté à la Banque publique d’investissement.

Selon l’Observatoire de l’épargne réglementée, 8,5 % des livrets A sont au plafond soit 5,2 millions. Ils correspondent à 43 % des encours, 89 milliards d’euros sur un total de 206 milliards d’euros.

Les chiffres divergent sur le potentiel de hausse de la collecte suite au relèvement du plafond. Certains experts tablent sur une augmentation de 15 à 20 milliards d’euros. En 2011, la collecte avait atteint un record avec 17 milliards d’euros. Sur les sept premiers mois de l’année, elle s’élève déjà à 13,29 milliards d’euros. Il est probable que le relèvement au mois de septembre permette un gain de quelques milliards d’euros. La collecte pourrait dépasser ainsi 20 milliards d’euros. Sur l’année 2013, une augmentation de 20 % de la collecte est possible.

Le Gouvernement a annoncé la construction de 150 000 logements sociaux en 2013 contre 110 000 en 2011. Une telle augmentation suppose de libérer de l’espace foncier et des capacités de réaction de la part des entreprises du bâtiment. De toute façon, le logement social ne manque pas de ressources actuellement du fait de l’augmentation naturelle de l’encours du Livret A. Compte tenu des faibles taux d’intérêt pratiqués actuellement, les organismes de logements sociaux ne font pas une réelle affaire en empruntant à la Caisse des dépôts si ce n’est qu’ils bénéficient d’un effet de mutualisation. En effet, aux 2,25 % offerts aux épargnants, il faut ajouter le coût de la collecte, un peu moins d’un point et les frais de gestion pour l’émission des prêts. In fine, les taux pratiqués tournent autour de 3,5 à 4 points.

Les transferts d’épargne au profit du Livret A s’effectueront au détriment des livrets bancaires et de l’assurance-vie. Avant même l’entrée en vigueur du relèvement du plafond, les ménages français privilégient les placements courts sans risque. Le Livret A, épargne de précaution par définition, bénéficie depuis la crise de 2009 d’un regain de popularité d’autant plus que les écarts de rémunération entre les produits de taux sont faibles.

L’Etat est amené à porter le risque d’intermédiation entre épargne courte, Livret A, et des investissements longs comme le financement du logement social ou les investissements dans l’industrie ou dans les entreprises avec la future BPI.

L’Etat prend acte du refus du Français d’investir à long terme mais ne les encourage pas à modifier leur comportement ; au contraire, il les incite à opter pour des placements défiscalisés.

Les banques à la recherche de liquidités seront pénalisées par l’augmentation du plafond ; la concentration des ressources du Livret A sur la Caisse des dépôts s’effectue de manière progressive.

La décollecte sur l’assurance-vie devrait se poursuivre d’ici la fin de l’année et atteindre entre 12 et 14 milliards d’euros. Si cela ne remet pas en cause l’architecture du premier produit d’épargne des Français, en revanche, cela pénalisera les entreprises et l’Etat. En effet, l’assurance-vie est un des grands vecteurs d’achat des obligations.

L’Etat et les régimes sociaux seront également perdants. En effet, le Livret A et le LDD étant défiscalisés et non soumis aux prélèvements sociaux, l’augmentation de la collecte génèrera un manque à gagner.

Avec un rendement de 2,25 %, le manque à gagner pour 2012 pourrait être de 177 millions d’euros avec un supplément de collecte de 20 milliards d’euros. Le coût fiscal et social du Livret A est de 2 milliards d’euros (prélèvements sociaux à 15,5 % et non application du prélèvement libératoire de 24 %.

jeudi 23 août 2012

Relèvement du plafond du Livret A


Après la décison du Gouvernement d'augmenter le plafond du Livret A de 25 %, Philippe Crevel, secrétaire général du Cercle, a été interviewé afin d'analyser les conséquences sur les épargnants et sur le financement de l'économie.

Lire l'interview dans le Nouvel Obs.fr
Lire l'interview sur le site "tout sur les placements.com"
Lire l'article sur 20 minutes.fr    

mercredi 8 août 2012

L'économie française face à la récession



La chronique d’une récession malheureusement prévisible


Selon la Banque de France, l'économie française pourrait entrer officiellement en récession à compter du 3ème trimestre avec une contraction du PIB de 0,1%.

Depuis la fin de l’année 2011, la France flirte avec la récession. Au premier trimestre, la croissance a été nulle. Pour le second trimestre, un recul de 0,1 à 0,2 point est attendu.

Cette prévision de récession n’est pas malheureusement pas une surprise.

La récession frappe de nombreux Etats de la zone euro : Espagne, Italie, Pays-Bas et également hors zone euro, le Royaume-Uni. L’Allemagne enregistre également un net affaiblissement de sa croissance en parallèle à la stagnation du commerce international.

Le ralentissement est mondial comme en témoignent les derniers résultats chinois et américains. Le marasme de l’Union européenne qui est le premier marché mondial a un impact réel et rapide sur l’économie mondiale.

Au niveau national, la consommation, principal moteur de la croissance, est freinée par la stagnation du pouvoir d’achat des Français (chômage, inflation en début d’année et relèvement d’impôt).

Depuis plusieurs mois, tous les indicateurs avancés marquent une dégradation nette de la situation économique française (climat des affaires, taux d’utilisation des équipements).

<strong>Quelles conséquences ? Cette prévision de récession ne fait que confirmer la tendance lourde que les Français ressentent depuis le début de l’année avec comme signes, l’augmentation du chômage et le recul du pouvoir d’achat.

Une diminution des recettes publiques

Le Gouvernement refuse à court terme de réviser son hypothèse de croissance. Une contraction de 0,2 à 0,3 points devrait entrainer un manque à gagner fiscal de 2 à 3 milliards d’euros s’ajoutant aux 30 à trouver pour atteindre le seuil de 3 % de déficit public.

L’augmentation des prélèvements obligatoires ne pourra que renforcer la récession.

La récession renforcera le pessimisme et l’épargne de précaution

Les Français n’ont pas le moral et cela risque de s’accroître avec l’annonce de la Banque de France. Le risque d’un cercle vicieux récessif du fait d’un manque de confiance est à craindre. En termes de comportements, les Français risquent de différer les achats importants (voiture, immobilier) et de privilégier les placements courts sans risque (Livret A).

 Comment sortir du trou noir économique ?

 La zone euro s’enfonce dans la crise sans disposer de cordes de rappel. Les Etats membres ne peuvent plus utiliser les moyens budgétaires du fait du surendettement. Les armes monétaires ont été largement exploitées (baisse des taux, émission de liquidités avec prêts aux banques…). La BCE pourrait réinjecter des liquidités ou racheter des titres sur le marché secondaire…

L’assainissement des Etats surendettés n’est efficace que s’il ne tue pas les patients. Or, aujourd’hui, aucun remède n’apparaît efficace.

Les Etats surendettés sont anémiés par des années de facilité budgétaire et par une forte désindustrialisation.

L’Europe souffre par ailleurs d’un affaiblissement de ses gains de productivité du fait d’un refus implicite ou explicite du progrès technique.

 Le mal européen dépasse de loin la question de l’euro qui est plus un révélateur qu’une cause de la crise. 

Pour sortir du trou noir, il faut créer un choc d’offre et favoriser les gains de productivité. Compte tenu du niveau d’endettement des Etats membres, l’échelon européen est le seul à même de générer un plan de grande envergure. La réalisation d’infrastructures énergétiques, de transports, l’engagement de plans de recherche et de formation sont nécessaires pour redonner confiance et recréer un cadre économique porteur.

La question du fédéralisme se pose à court terme pour éviter le scénario catastrophe, une implosion de la zone euro. Elle doit s'accompagner d’un programme de "rééconomisation" des pays qui accumulent déficits commerciaux et déficits publics.

mardi 7 août 2012

La conjoncture corse au premier semestre 2012 et perspectives


La Corse devrait conserver sa première place pour la croissance avec un taux de 1 % contre 0,5 % pour l’ensemble de la France. En 2011, le taux de croissance de l’Ile tournait autour de 2 %.

Même si la Corse résiste bien face à la crise qui frappe l’ensemble de la zone euro, il faut souligner que le climat des affaires se dégrade plus vite sur l’Ile que sans l’ensemble de la France. La Corse continue de bénéficier de l’acquis de croissance de 2011 mais un retournement pourrait intervenir dans les prochains mois.

Les indicateurs économiques de la région Corse témoignent d’un maintien d’un avantage de croissance par rapport à la France continentale dans le prolongement de l’acquis de 2011.

Ce surcroît de croissance repose sur la poursuite de l’augmentation de la population, sur le dynamisme du secteur de la construction et sur la fin du plan exceptionnel d’investissement. La Corse est moins sensible au ralentissement économique du fait du faible de son secteur manufacturier et du poids plus élevé de la fonction publique. Le nombre élevé de retraités dont les revenus ne dépendent pas de l’activité économique constitue une autre raison du maintien d’u taux de croissance plus élevé que dans d’autres régions.

Néanmoins, quelques points négatifs doivent attirer l’attention. La Corse semble être confrontée à une baisse de l’activité touristique. Par ailleurs, la fin du plan d’investissement public et la raréfaction des aides publiques pourraient peser sur le secteur des travaux publics dans les prochains mois. Enfin, l’immobilier pourrait buter sur un effet prix et sur un problème d’accès au crédit. La question de l’accès au logement pour les résidents corses devient dans les deux grandes agglomérations un problème de plus en plus criante.

Les indicateurs de confiance témoignent d’une montée du pessimisme à compter du second semestre en particulier dans le secteur du commerce.

La fin du second semestre a été portée par les commandes liées à la préparation de la saison touristique et à des fins de chantier dans le BTP.

Le tourisme a pâti de conditions météorologiques médiocres au mois de mai et des week-ends électoraux limitant les possibilités de déplacement. Le secteur de la restauration semble souffrir plus que les hôtels.

lire la suite de la note

vendredi 3 août 2012

la crise des dettes souveraines


Philippe Crevel  revient, dans un article publié dans le Huffington Post, sur la situation économique de la zone euro en cette période estivale. L'été dernier, marqué par de fortes turbulences,  fait écho à une séries de crises survenues au cours de l'été. La zone euro toujours sujette à la crise des dettes souveraines devrait donc se méfier ?

Retrouver l'article de Philippe Crevel :  "La zone euro a-t-elle raison d'avoir peur du mois d'août?"

mercredi 1 août 2012

Quoi de neuf ?


Philippe Crevel a été interrogé par 20 minutes.fr au sujet de certaines mesures prises par le nouveau Gouvernement et qui entrent en vigueur ce premier août.

Avant même la promulgation de la loi de finances rectificative pour 2012 qui vient d'être adoptée par le Parlement, certains dispositifs sont directement applicable ce 1er août.

Lire l'article sur 20 minutes.fr

dimanche 29 juillet 2012

La lettre N°73 du Cercle des Epargnants : août 2012


Au sommaire de la lettre du Cercle des Epargnants N°73 du mois d'août :

 - L'édito du Cercle, le plomb, l'or et l'alchimiste
 - Le relèvement du plafond du Livret A en question
 - La France entre épargne et consommation, il faut choisir
 - La réforme des retraites ou les 12 travaux d'Astérix


 

  Lire la lettre

mercredi 25 juillet 2012

la zone euro a-t-elle raison d'avoir peur du mois d'août ?


Jusque dans les années 90, le mois de tous les dangers, de la crise de 1929 au krach de 1987 en passant par le premier choc pétrolier en 1973 ou le second en 1979 était octobre. L’automne était propice aux dérèglements économiques et politiques en tout genre. La crise de 2008 a également pris tout son relief à partir des mois de septembre et octobre.

Est-ce l’été qui génère des prises de conscience, qui révèle les dysfonctionnements ? Et il faut noter que la montée vers les crises ont tendance à se rapprocher du mois d’août quand avant elle intervenait fin octobre. On peut y voir l’effet de l’accélération de la diffusion des informations.

La crise des dettes publiques européennes est devenue un feuilleton estival. En 2011, il a tenu en haleine spécialistes et journalistes durant tous le mois d’août. Cette année, une fois depuis, l’Europe risque d’être au cœur de l’actualité à son corps défendant.

Après la Grèce, est-ce l’Espagne qui sera en première ligne ? Le niveau d’endettement de ses banques et la raréfaction des ressources pour les régions du fait de l’effondrement du secteur immobilier.

Le plan de sauvetage décidé au mois de juin ne suffira pas pour résoudre les problèmes espagnols. L’Espagne est confrontée à une récession et à une progression très dangereuse de son chômage.

Face à la remontée des taux qui dépassent 7 % dans la péninsule ibérique et face à la menace de perte du triple A pour l’Allemagne du fait de son rôle de pompier de la zone euro, des rumeurs circulent sur une sortie de l’Espagne et de la Grèce de la zone euro en plein mois d’août.

De telles rumeurs sont assassines et irrationnelles. Une sortie de l’Espagne signifierait l’éclatement de la zone euro. Une zone monétaire repose sur la solidarité et la confiance. Si un des membres ne pouvait pas être sauvé du naufrage, les investisseurs ne croiraient pas en la possibilité des Etats membres de sauver un autre Etat en difficulté. La défiance s’installerait et exigerait de la part des Etats membres de l’Union de prendre des mesures radicales, c'est-à-dire d’aller à toute vitesse vers le fédéralisme faute de quoi la fin de l’euro s’avancerait à grande vitesse. Le refus d’aider un pays en difficulté aurait pour conséquences de forcer les Etats membres d’aller dans une direction qu’ils refusent. L’ironie, c’est qu’un départ d’un pays de la zone euro pourrait générer des politiques qui pourraient sauver la Grèce, l’Espagne et d’autres de l’effondrement. Mais un tel comportement est pyromane avec le risque d’un feu incontrôlable. Le prix à payer d’une disparition de l’euro est en état difficilement quantifiable ; certains l’ont évalué à 10 % du PIB de la zone.

Les oiseaux de mauvais augures seront donc attentifs à la date du 15 août qui est toujours charnière dans l’année. C’est un 15 août que Richard Nixon a mis fin à la convertibilité du dollar en or en 1971. Le 15 août est tout à la fois une fête religieuse et une date de fin de vacances estivales. Pour surprendre les marchés et les journalistes, il est fréquent de retenir cette date mais à force d’être utilisée, la ficelle est devenue un peu grosse. Surtout, il faut espérer que le psychodrame européen n’aura pas lieu. Il est après plusieurs années de tensions au sein de la zone euro que des solutions doivent être trouvées pour obtenir l’indispensable assainissement tout en offrant des perspectives de croissance.

L’Europe doit se réindustrialiser et doit se réconcilier avec le progrès. La croissance, c’est du capital, du travail et du progrès technique avec si possible de l’énergie à bon marché. L’Europe manque pas de capital et dispose d’un fort volant de force de travail inemployée. Il faudrait renouer avec ce qui a permis à l’Europe de devenir le centre du monde au 19ème siècle, les innovations. En matière d’énergie, la volonté européenne et surtout française de privilégier le principe de précaution au détriment du principe de réalité contribue à freiner la croissance. Plus de 20 % de la croissance actuelle des Etats-Unis s’explique par la baisse des prix de l’énergie liée aux gaz de schistes. Trouver les moyens d’exploiter le plus proprement possible ces gaz en lieu et place d’interdire toute exploitation s’impose au nom de la raison économique.

L’Europe ne peu se résumer à la réduction des déficits faute de quoi les peuples pourraient prendre parti pour les extrémismes quand ils ne le font pas déjà.

Le conflit entre l’Allemagne et la France sur la croissance est stérile car il repose sur deux visions économiques radicalement opposées. L’Allemagne juge nécessaire et prioritaire avant toute chose d’assainir les comptes car ce sont les épargnants allemands qui paient pour les consommateurs étrangers. Le Gouvernement français juge indispensable de relancer l’économie pour permettre aux Etats endettés de rembourser. Il faut donc que les Allemands et quelques autres continuent de payer pour espérer être remboursées. Les deux logiques se tiennent à la nuance près que la relance de l’économie ne doit pas aboutir à l’accélération du processus de désindustrialisation qui est en cours en Europe du Sud depuis 10 ans. Contrairement à une idée reçue, la désindustrialisation est la conséquence d’une spécialisation au sein de la zone euro, au Nord, les emplois manufacturiers, au sud, le tertiaire. La relance économique prônée par certains aurait comme impact l’augmentation des importations et des déficits des pays endettés. Il est impossible de substituer d’un coup de baguette magique une production nationale à une production étrangère. Le Gouvernement allemand a raison qu’une simple politique de relance n’est que cautère sur une jambe de bois. Faut-il pour autant rejeter toute idée de relance. Il est important de redonner du souffle, de lancer un new deal à l’européenne avec une mobilisation des capitaux afin de relancer l’économie non pas par la demande qui génère essentiellement des importations mais par l’offre et par les infrastructures qui sont sources de croissance à venir. L’Europe a déserté le terrain de l’avenir prisonnier qu’elle est par le phénomène du vieillissement et du zéro risque. Les pays membres doivent trouver des projets intégrateurs contribuant à solidifier les liens entre eux. Les transports, les universités, les centres de recherche, un projet spatial, un projet environnemental…. les pistes sont nombreuses avec des possibilités de forts effets de leviers.

mercredi 11 juillet 2012

Faut-il sauver l'épargne française ?


L’épargne française représente environ 16 % du revenu disponible brut des ménages, soit 212 milliards d’euros. Cette somme sert tout à la fois à rembourser le capital des emprunts immobiliers à hauteur de 120 milliards d’euros ; le reste, c'est-à-dire 92 milliards d’euros est placé en épargne financière.

L’ensemble des placements annuels des Français en produits financiers est inférieur au montant du déficit public. Or, cette épargne est sujette à bien des convoitises de la part des pouvoirs publics. Le principe à la mode est l’égalité de taxation des revenus du capital et de ceux du capital. Ce principe fait fit que les deux revenus sont de nature différente, que le capital a déjà été soumis à taxation au moment de sa constitution. Par ailleurs, cette taxation identique signifie qu’il faut que les revenus du patrimoine supportent les cotisations salariées et employeurs, la CSG et l’impôt sur le revenu…

Actuellement, à l’exception de l’épargne défiscalisée, livret A, LDD…, les revenus de l’épargne sont assujettis aux prélèvements sociaux à hauteur de 15,5 % depuis le 1er juillet. A ces prélèvements, il faut ajouter l’impôt sur le revenu. Ce dernier peut prendre la forme d’un prélèvement libératoire qui varie entre 21 et 24 % en fonction du produit. En cas d’application de l’impôt sur le revenu, le taux peut atteindre 41 %.

A l’automne, le barème de l’impôt sur le revenu comportera une tranche à 45 % et une à 75 %. Le Gouvernement a indiqué son souhait de limiter le recours aux prélèvements libératoires. Par ailleurs, il étudie la possibilité d’augmenter la CSG d’environ 3 points portant les prélèvements sociaux à 18,5 %. De ce fait, le taux de taxation globale pourrait atteindre 93,5 %. Pour les contribuables se situant au taux de 45 %, le taux de taxation serait de 63,5 %.

A de tels taux, l’intérêt d’épargner est nul. Au-delà de la recherche d’une justice fiscale, avec une augmentation rapide des prélèvements sur l’épargne, le Gouvernement entend adresser un message aux revenus aisés, "consommer" car de toute façon vous serez taxés. Ces derniers risquent d’entendre d’autres sirènes, celles les appelant à franchir les frontières. Il faut prendre en compte que l’effort d’épargne est concentré sur les 10 % des ménages les plus aisés.

En termes économiques, entre la volonté de relancer la consommation, la nécessité de réindustrialiser l’économie et l’objectif de justice sociale, les pouvoirs publics sont contraints à la schizophrénie. Il est admis que les entreprises françaises sont entravées par un faible taux de marge qui les empêche d’investir et de se positionner sur le haut de gamme. Elles sont pénalisées par des difficultés d’accès aux sources de financement bancaires. Le financement des entreprises s’effectue à plus de 80 % par les banques quand dans les pays anglo-saxons, ce taux est de 20 %. Or, à défaut d’inciter les Français à orienter leur épargne vers des placements longs dans le cadre d’un soutien à l’économie dite productive, il est pris acte que l’épargnant récuse le risque. De ce fait, il vaut mieux tuer l’épargne ou encourager l’épargne de court terme, à charge pour l’Etat via la Caisse des Dépôts, de porter le risque et de jouer le rôle d’intermédiation. C’est dans cet esprit que tous les candidats à l’élection présidentielle étaient favorables à la création d’une banque d’investissement public qui existe déjà plus que mois avec OSEO. Il n’est pas certain que l’Etat soit le mieux placé pour jouer ce rôle d’intermédiaire et que l’efficience soit au rendez-vous.

L’orientation de la politique prise par le Gouvernement est assez en phase avec leurs principes keynésiens. Il privilégie le multiplicateur de dépenses à celui de l’investissement. Par ailleurs, les responsables actuels considèrent que le financement par les bénéficies ou par l’épargne réinvestie n’est pas une source de croissance. La primauté est donnée à un effet de levier public. Or, dans le passé, cette politique a débouché sur quelques accidents graves. Il suffit de se remémorer le Crédit Lyonnais. Le banquier public est rarement plus prudent que le banquier privé. In fine, le contribuable est amené à payer.

Faut-il réformer la fiscalité de l’épargne ? Oui, mais pour inciter l’épargnant à prendre des risques et à placer son argent sur le long terme. Au-delà de la poche de l’épargne de proximité représentée par le légendaire Livret A, il conviendrait de créer des outils, des supports que ce soit par le Plan d’Epargne en Actions ou l’assurance-vie qui soient réellement productifs pour les entreprises européennes.